Mardi 5 août 2008
Traitement et infectiosité – l’annonce suisse suscite des débats pendant la conférence de Mexico
En janvier, des médecins émérites spécialisés dans le VIH et des chercheurs en Suisse ont déclaré que les séropositifs qui suivaient un traitement contre le VIH et dont la charge virale avait été indétectable depuis au moins 6 mois n’étaient pas infectieux pour leur partenaire sexuel, tant qu’ils prenaient leur traitement correctement et qu’ils n’avaient pas d’infection sexuellement transmissible.
Cette annonce a été débattue pendant une réunion de deux heures très animée, lors d’une séance satellite précédant la conférence.
Un des auteurs de cette annonce a déclaré que l’intention n’avait jamais été de publier cette déclaration sur le plan international. L’intention était plutôt qu’elle soit utilisée par les médecins suisses pour les aider à discuter des risques sexuels avec leurs patients qui étaient en couple stable.
Il a également insisté qu’ils n’avaient pas voulu dire qu’une charge virale indétectable remplaçait les préservatifs.
Cependant, il a défendu la déclaration, notant que les rapports sexuels avec préservatif n’étaient pas 100% sans danger, mais plutôt que le risque couru se trouvait dans « la fourchette confortable qui permettait aux individus de vivre une vie normale. Nous mettons le traitement antirétroviral dans la même catégorie de risque, mais nous ne les considérons sans danger que dans certaines conditions particulières.”
D’autres personnes ont exprimé leurs inquiétudes au cours de cette réunion. Par exemple, un docteur a dit que la supposition d’une transmission impossible si la charge virale était sous un certain niveau était une croyance plutôt qu’un fait. Malgré tout, il a également noté que certains médicaments anti-VIH étaient très efficaces à pénétrer les sécrétions sexuelles et agissaient peut-être comme un microbicide de facto.
Un délégué d’ONUSIDA a noté que l’annonce suisse n’avait aucune pertinence pour la plupart des séropositifs au niveau mondial, et a fait remarqué que l’accès aux analyses de charge virale était limité et que le taux d’infections sexuellement transmissibles était très élevé dans de nombreux pays les plus touchés par le VIH.
L’annonce a été soutenue par certains activistes qui ont noté qu’elle aidait à réduire le stigma et la discrimination.
Les programmes de microfinance réduisent le risque de VIH chez les femmes en Afrique du Sud
L’étude a été conduite en Afrique du Sud parmi les femmes très pauvres. Elles ont reçu de petits prêts pour monter une affaire, comme par exemple l’achat et la vente de produits locaux; la vente de vêtements neufs ou d’occasion; la garde d’enfants; ou la possession d’un stand d’alimentation. Pratiquement tous les prêts ont été repayés.
Les chercheurs ont trouvé que non seulement ce programme a amélioré leur bien-être financier, mais il a également réduit le nombre de rapports sexuels sans protection avec des partenaires multiples et a réduit la violence des partenaires.
L’étude va être étendue et on espère atteindre 15000 foyers dans la province du Limpopo entre 2008 et 2010.
Changement de traitement et lipodystrophie
Certains médicaments contre le VIH peuvent conduire à des changements dans la répartition des graisses corporelles, comme par exemple la perte de graisse sur le visage, les membres du corps et le fessier, ou un gain autour des organes de la cavité ventrale ou entre les épaules. Cet ensemble d’effets secondaires est souvent appelé lipodystrophie.
Deux médicaments en particulier, le d4T et l’AZT , ont été associés avec les pertes de graisses, et ils ne sont pas recommandés pour une utilisation routinière dans certains pays, y compris au Royaume-Uni. Cependant, ils représentent toujours un choix important de traitement dans de nombreux pays en voie de développement.
La recherche au Royaume-Uni a montré que le changement de traitement pour l’inhibiteur de protéase atazanavir (Reyataz) renforcé par du ritonavir ne réduit pas le gain de graisses centrales. Les chercheurs ont utilisé des échographies pour examiner le taux de graisse chez les patients qui ont changé pour de l’atazanavir et chez ceux qui ont continué à prendre du Kaletra(lopinavir/ritonavir). Il n’y avait aucune différence dans le taux de graisses autour du ventre après un an.
L’atazanavir est moins susceptible de conduire à une élévation des graisses sanguines que d’autres inhibiteurs de protéase, et on avait espéré que la prise de ce médicament aurait également un effet sur le corps. L’exercise et un régime paraissent être la seule façon de traiter les graisses viscérales, ce que le chercheur responsable de l’étude décrit comme représentant « un défi très important ».
Il a également suggéré qu’après tout, le traitement aux inhibiteurs de la protéase pourrait ne pas être la cause de l’accumulation des graisses viscérales.
Une autre étude a examiné les effets sur les graisses des membres du corps engendrés par le remplacement de l’AZT/3TC (Combivir) par du tenofovir/FTC (Truvada). La moitié des patients de l’étude ont continué à prendre du Combivir, et les autres l’ont remplacé par du Truvada. Les changements dans la répartition des graisses dans les membres du corps ont été vérifiés après 6 mois par des échographies.
Dans l’ensemble, il y a eu un léger gain, qui n’était pas significatif, de graisses dans les membres du corps chez les patients qui ont pris le Truvada, et les patients qui ont continué le Combivir ont continué à perdre des graisses.
Mais changer pour du Truvada a paru être beaucoup plus bénéfique pour les patients qui avaient perdu beaucoup de graisses.
Il est possible que cette étude n’ait pas duré assez longtemps. D’autres études ont montré qu’il faut au moins deux ans après avoir changé de traitement pour que de véritables améliorations puissent être vues.
Prévalence élevée de VIH parmi les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes en Thaïlande.
Les facteurs de risque d’infections comprennent: avoir plus de 30 ans, un niveau d’éducation peu élevé, des rapports sexuels anaux sans préservatifs et l’utilisation de drogues récréatives, y compris les poppers. Des recherches récentes au Royaume-Uni ont montré une corrélation entre l’utilisation des poppers et un risque plus élevé d’infection au VIH.
La Thaïlande a eu un certain succès dans le contrôle de la propagation du VIH mais leurs efforts de prévention se sont concentrés sur les travailleurs de l’industrie du sexe et les toxicomanes qui s’injectent la drogue. Une réunion le jour de l’ouverture de la conférence a constaté que les besoins en matière de prévention des hommes gais et des hommes qui avaient des rapports sexuels avec des hommes étaient souvent ignorés, et on espère que la conférence aidera à attirer l’attention sur cette épidémie négligée parmi les hommes gais dans toutes les parties du monde.
Lipodystrophie en Thaïlande
Le traitement contre le VIH dans les pays aux ressources limités dépend du d4T et de l’AZT , les médicaments les plus associés aux changements dans les graisses corporelles.
En Thaïlande, le traitement de norme de première ligne est le GPOVir, une pilule à dose fixe de d4T, 3TC et névirapine combinés.
Mais la lipodystrophie n’a pas paru conduire à une plus mauvaise adhésion au traitement.
Etant donné le risque de lipodystrophie, l’Organisation mondiale de la santé a recommandé de réduire la dose de d4T. Malgré cette recommandation, les patients participant à cette étude prenaient toujours la dose entière de d4T.
Le traitement contre le VIH et la tuberculose
La tuberculose est la cause la plus importante de décès et de maladie parmi les séropositifs au niveau mondial.
Il y a eu de grands débats sur le meilleur moment pour commencer le traitement contre le VIH chez les personnes dont le taux de CD4 était peu élevé et qui suivaient un traitement contre la tuberculose. En effet, les médicaments contre le VIH et les médicaments contre la tuberculose ont des interactions, et il existe un risque de syndrome inflammatoire de reconstitution immunitaire.
La première étude en Iran a montré que les patients qui prenaient un traitement contre le VIH de bonne heure étaient moins susceptibles de mourir que ceux qui retardaient la prise de médicaments contre le VIH.
Mais une autre étude en Argentine a trouvé un taux de décès plus élevé chez les patients qui prenaient un traitement contre le VIH plus tôt.
Webcasts de la conférence et commentaires des experts
Regardez les webcasts de la conférence
Reportages en direct sur Internet de la XVIIème conférence internationale sur le SIDA présentés par kaisernetwork.org, un service gratuit d’information et de nouvelles de la Fondation Kaiser Family.
Commentaires des experts sur la conférence SIDA 2008 en podcasts
L’association Clinical Care Options est fière de collaborer avec la Société Internationale du SIDA pour fournir en direct sur Internet la couverture scientifique officielle de la conférence de 2008. Des experts du VIH venant du monde entier offriront leur analyse des nouvelles informations présentées dans les cinq catégories médicales et organiseront la création de présentations téléchargeables. La couverture en ligne comprendra des résumés en vidéo et audio dans lesquels les experts récapituleront les données présentées pendant les séances cliniques clefs, des résumés condensés sur les études les plus importantes et plus encore. Rendez visite au site de Clinical Care Options pour vous inscrire gratuitement et recevoir les nouvelles sur l e VIH par email ainsi que les podcasts.
