Jeudi 7 août 2008
Se tourner vers l’avenir – le VIH en 2031
Peter Piot, le directeur exécutif de l’ONUSIDA a exprimé son espoir qu’en 2031:
- Toutes les personnes courant un risque de VIH connaîtraient leur statut VIH.
- Il y aurait des traitements durables de première et de deuxième ligne avec moins d’effets secondaires et qui marcheraient contre les virus résistants aux médicaments.
- Les médicaments anti-VIH seraient utilisés de façon appropriée pour la prévention.
Etant donné les difficultés pour fournir un traitement à tant de personnes, les délégués ont été prévenus que des recherches supplémentaires étaient nécessaires pour éradiquer le VIH, ou, au moins, pour le contenir de façon à ce que les personnes séropositives n’aient pas besoin de suivre un traitement toute leur vie.
Des investissements énormes seront nécessaires pour garantir qu’il y ait suffisamment d’argent pour payer les médicaments anti-VIH. Il a été suggéré qu’il faudrait que les donneurs internationaux considèrent “un fonds de retraite” pour garantir suffisamment d’argent pour payer les traitements.
Le traitement du VIH et la prévention
Prof Julio Montaner, le futur président de l’International AIDS Society (Société internationale sur le SIDA), qui organise la conférence, a dit: “Nous pensons qu’il y a suffisamment d’indices pour pouvoir dire aux responsables politiques que s’ils étendent le traitement anti-VIH de façon à couvrir 100%, ils verront une réduction de la transmission du VIH.”
Il y a énormément d’indications scientifiques pour appuyer cette déclaration. Par exemple, le taux de transmission à Taiwan a diminué de 50% après l’introduction du traitement anti-VIH.
Les transmissions du VIH ont diminué de 90% au Rakaï, en Ouganda grâce à la prestation de traitements anti-VIH. Ceci a été fait en association avec un soutien aux patients en matière d’adhésion, pour assurer qu’ils atteignent une charge virale indétectable, et des conseils sur les rapports sexuels sans risques.
Et on a récemment prédit que 75% des nouvelles infections dans la province canadienne de la Colombie Britannique seraient évitées au cours de 20 prochaines années si toutes les personnes séropositives commençaient leur traitement lorsque leur taux de CD4 se trouve aux alentours de 350.
On a également prédit que l’épidémie du VIH serait arrêtée dans les 50 prochaines années si toutes les personnes séropositives recevaient des médicaments anti-VIH.
Les suggestions que l’augmentation des nouvelles infections chez les hommes gais dans de nombreux pays occidentaux était due à la complaisance et à la disponibilité des traitements ont été rejetées. De nombreuses indications montrent qu’un grand nombre de ces infections venaient d’individus sans diagnostic, dont beaucoup avaient été récemment infectés au VIH.
Une étude est en cours pour voir si l’initiation du traitement lorsque le taux de CD4 est en dessus de 350 diminuerait le nombre de transmission du VIH dans les couples où un des partenaires est séronégatif. Les dernières directives britanniques sur le traitement anti-VIH déclarent que l’initiation du traitement lorsque le taux de CD4 est plus élevé pourrait être considérée pour les patients qui ont un/une partenaire séronégatig(ve). Elles ajoutent cependant que le traitement ne remplace pas les rapports sexuels sans risques.
Un ensemble de méthodes de prévention est nécessaire
La conférence a également entendu qu’il n’y avait pas de solution miracle pour la prévention du VIH.
Plutôt, un ensemble de méthodes de prévention est nécessaire, comprenant :
- L’utilisation des préservatifs et moins de partenaires sexuels.
- La circoncision et la prévention de la transmission de la mère à l'enfant.
- Le traitement, pas seulement du VIH mais aussi des autres infections sexuellement transmissibles.
- Des politiques sociales qui combattent la pauvreté et défendent les droits de l’homme.
La conférence a également entendu que l’Inde avait réduit le nombre de nouvelles infections parmi les femmes qui travaillaient dans l’industrie du sexe et les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes. L’utilisation des préservatifs a augmenté et le taux d’infections sexuellement transmissibles a diminué.
Le ténofovir et les troubles rénaux
Un petit nombre de personnes prenant le médicament anti-VIH ténofovir développent des troubles rénaux. Une étude présentée au cours de la conférence de Mexico a trouvé que ces troubles sont liés aux médicaments pris pour l’hypertension, également responsables de troubles rénaux, et à la prise d’inhibiteurs de la protéase.
Le ténofovir (Viread) est un des premiers choix de médicaments et se trouve aussi dans les pilules Truvada(en association avec du FTC) et Atripla(en association avec de l’efavirenz et du FTC). Ce médicament parait sûr mais un petit nombre d’individus ont développé des troubles rénaux après avoir commencé le traitement avec.
L'hypertension artérielle peut provoquer des troubles rénaux. On sait également que les personnes d'origine africaine ont un risque plus élevé de troubles rénaux.
Les chercheurs américains ont trouvé que les risques de troubles rénaux chez les patients prenant du ténofovir augmentaient si:
- Ils faisaient de l’hypertension.
- Ils prenaient d’autres médicaments pouvant engendrer des troubles rénaux.
- Ils prenaient également un inhibiteur de protéase.
- Ils avaient des antécédents de maladies associées au VIH.
Les taux de troubles rénaux étaient beaucoup plus bas chez les patients qui prenaient du ténofovir avec un INNTI (Inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse).
L’IL-2 peut élever le taux de cellules CD4, retardant ainsi la nécessité d’un traitement
L’interleukin-2 (IL-2) existe naturellement dans l’organisme et joue un rôle clef dans la stimulation du système immunitaire et déclenche la production des cellules CD4.
Une nouvelle étude montre que les injections d’IL-2 peuvent augmenter le taux de cellule CD4. Les participants à cette étude avaient un taux de CD4 autour de 380 en moyenne, juste au dessus du niveau auquel le traitement anti-VIH est recommandé.
Les chercheurs ont partagé les patients en deux groupes. Le premier groupe a reçu des injections d’IL-2 deux fois par jour pendant cinq jours, toutes les huit semaines, et le deuxième groupe n’a reçu aucun traitement.
Le taux de cellules CD4 a augmenté de 50 cellules environ chez les personnes qui recevaient les injections d’IL-2 mais a diminué de plus de 60 cellules chez les patients qui ne prenaient rien, ce qui est en dessous du taux où on recommande de commencer le traitement contre le VIH.
Les chercheurs ont calculé que les augmentations de cellules CD4 observées pourraient permettre de retarder l’initiation du traitement anti-VIH de près de deux ans.
Les effets secondaires du traitement à l’IL-2 comprennent des symptômes ressemblant à la grippe, mais aucun des patients n’a arrêté le traitement à cause d’eux.
Analyse d’urine pour prédire les troubles cardiaques
Des études précédentes avaient montré que les personnes séropositives sont plus susceptibles d’avoir des troubles cardiaques. Il est donc important d’avoir des analyses simples pour découvrir les problèmes de bonne heure et pour recevoir un traitement.
Une petite étude américaine parmi les personnes prenant un traitement anti-VIH efficace a montré que la présence de certaines substances spécifiques dans les urines était liée aux facteurs de troubles cardiaques bien connus, tels qu’un niveau élevé de mauvais cholestérol.
Les autres nouvelles sur aidsmap.com
Deux nouveaux traitements semblent prometteurs:
Webcasts de la conférence et commentaires des experts
Regardez les webcasts de la conférence
Reportages en direct sur Internet de la XVIIème conférence internationale sur le SIDA présentés par kaisernetwork.org, un service gratuit d’information et de nouvelles de la Fondation Kaiser Family.
Commentaires des experts sur la conférence SIDA 2008 en podcasts
L’association Clinical Care Options est fière de collaborer avec la Société Internationale du SIDA pour fournir en direct sur Internet la couverture scientifique officielle de la conférence de 2008. Des experts du VIH venant du monde entier offriront leur analyse des nouvelles informations présentées dans les cinq catégories médicales et organiseront la création de présentations téléchargeables. La couverture en ligne comprendra des résumés en vidéo et audio dans lesquels les experts récapituleront les données présentées pendant les séances cliniques clefs, des résumés condensés sur les études les plus importantes et plus encore. Rendez visite au site de Clinical Care Options pour vous inscrire gratuitement et recevoir les nouvelles sur le VIH par email ainsi que les podcasts.
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