Vendredi 8 août 2008
Le VIH et le droit pénal
De nombreux pays dans le monde entier ont introduit des lois qui criminalisent la transmission du VIH. L’ONUSIDA s’inquiète tellement de cette tendance qu’ils ont demandé l’abrogation de toutes les lois qui criminalisent la transmission du VIH et son exposition, à l’exception de la transmission intentionnelle.
Des lois criminalisant l’exposition au VIH et sa transmission par le biais des rapports sexuels, de la prise de drogue par injection ou de la mère à l’enfant, sont en place dans toutes les régions du monde.
La conférence a été avisée que de nombreux pays en Afrique occidentale et centrale ont introduit des lois qui criminalisent l’exposition au VIH et sa transmission.
Mais les lois qui criminalisent la transmission de VIH portent le blâme et le stigma et peuvent dissuader de faire le test de dépistage, a entendu la conférence.
L’inquiétude sur « l’avancée furtive de la criminalisation” en Europe et en Asie centrale” a été exprimée. 53 pays dans ces régions ont des lois relatives à l’exposition au VIH et à la transmission.
L’ONUSIDA a publié de nouvelles directives qui font remarquer qu’il n’y a aucune indication que l’utilisation du droit pénal réduit les transmissions du VIH. Plutôt que de poursuivre les individus parce qu’ils ont transmis le VIH, l’ONUSIDA appelle les gouvernements à étendre les projets qui ont prouvé être efficaces dans la réduction de la transmission du VIH.
L’exception étant la transmission intentionnelle du VIH, qui d’après ONUSIDA, devrait rester un crime.
Le VIH et le traitement contre la tuberculose pour les toxicomanes
Une nouvelle directive ayant pour objectif d’assurer le traitement pour les toxicomanes séropositifs et/ou tuberculeux a été annoncée par l’Organisation Mondiale de la Santé, l’ONUSIDA et le Bureau des Nations Unies pour le contrôle des drogues et la prévention du crime.
On estime qu’environ 10% des cas mondiaux de VIH touchent les toxicomanes. Malgré cela, seul un petit pourcentage parmi les 3.5 millions de toxicomanes estimés avoir le VIH ont accès aux services, la conférence a appris.
Les problèmes telles que la marginalisation, la discrimination, l’absence de domicile et l’incarcération peuvent signifier que les toxicomanes n’ont pas accès aux services dont ils ont besoin.
Cette directive appelle à davantage de planification pour assurer que les services atteignent les personnes qui en ont besoin.
Un meilleur contrôle de l’infection à la tuberculose est nécessaire dans les endroits telles que les prisons, et on s’inquiète beaucoup des cas récents de tuberculose multi-résistante aux médicaments qui est virtuellement intraitable.
Il y a également eu un appel pour que le traitement universel contre la tuberculose et le VIH soit disponible aux toxicomanes, avec un soutien spécialisé pour faciliter l’adhésion si nécessaire.
L’abacavir et les maladies cardiaques: les études divergent
Bien que le traitement à l’abacavir (Ziagen, également présent dans les pilules combinées de Kivexaet du Trizivir) ait été lié à une augmentation du risque de crise cardiaque dans une grande étude présentée à la conférence, le laboratoire fabriquant a examiné les notes médicales de près de 10000 personnes prenant ce médicament et a dit aux délégués qu’ils n’avaient pas trouvé de lien avec les maladies cardio-vasculaires.
Même s’il y a un lien entre l’abacavir et les maladies cardiaques, les chercheurs pensent que c’est uniquement important pour les personnes susceptibles d’avoir des problèmes cardiaques. Ceci reflète les recommandations en place dans les directives britanniques actuelles. Elles déclarent que l’abacavir peut être un bon choix pour les personnes qui commencent à prendre des médicaments contre le VIH pour la première fois, mais mettent en garde contre son utilisation chez les personnes qui ont d’autres facteurs de risques cardiaques.
La conférence a été avisée que l’étude SMART, un des essais cliniques sur le VIH les plus grands, a trouvé que les patients traités à l’abacavir étaient plus susceptibles de développer une variété de problèmes cardiaques, y compris une crise cardiaque.
Plus tôt cette année, les résultats d’une autre étude examinant les effets secondaires des médicaments anti-VIH, ont montré que le traitement à l’abacavir doublait les risques de crise cardiaque. Mais le ténofovir (Viread, également présent dans les pilules combinée du Truvadaet de l’Atripla) n’a pas été inclus dans cette étude et les résultats ne sont donc pas complets.
Les chercheurs de l’étude SMART ont pu comparer l’abacavir et le ténofovir.
Cette comparaison a montré que l’abacavir augmente les risques de problèmes cardiaques mais que ce n’est pas le cas du ténofovir. Aucun lien n’a été trouvé entre le traitement à la ddI et les maladies cardiaques.
Les résultats de l’étude SMART ont également montré que les analyses de laboratoire des personnes prenant de l’abacavir, étaient plus susceptibles d’indiquer une augmentation des risques de maladies cardiaques.
Cependant, les fabricants de l’abacavir, le laboratoire GlaxoSmithKline, ont examiné les résultats de 52 essais cliniques différents qu’ils avaient menés, pour voir si l’abacavir était sans danger et efficace. Ils ont inclus 15ooo personnes dont 10000 étaient traitées à l’abacavir.
Les études ont montré le même taux peu élevé de maladie cardiaque chez les personnes traitées à l’abacavir que chez les personnes traitées avec d’autres médicaments.
Efficacité et effets secondaires de l’abacavir : les études divergent de nouveau
L’abacavir a été le sujet d’une controverse supplémentaire au cours de la conférence.
Ils ont également trouvé que les personnes qui prenaient de l’abacavir étaient plus susceptibles de rapporter des effets secondaires. Mais il n’y avait pas eu de crises cardiaques.
Cependant, GlaxoSmithKline, le laboratoire qui fabrique l’abacavir, a examiné plusieurs autres études et celles-ci montrent qu’il n’y a pas vraiment de différence entre les chances d’atteindre une charge virale indétectable chez les personnes traitées à l’abacavir, quelque soit leur charge virale au moment du début du traitement, par rapport aux autres médicaments.
L’annonce suisse: jusqu’à présent, il n’y a pas d’indications pour dire si elle a raison ou pas
En janvier, des médecins émérites en Suisse ont publié une déclaration selon laquelle les personnes qui prenaient un traitement contre le VIH depuis au moins six mois, avec une charge virale sanguine inférieure à 40 copies/ml, une bonne adhésion à leur traitement et aucune infection sexuellement transmissible, ne pouvaient pas transmettre le VIH à leur partenaire hétérosexuel(le).
Maintenant, les chercheurs en Suisse ont examiné toutes les études menées depuis l’arrivée des traitements efficaces contre le VIH et ont inclus les informations sur la transmission du VIH lorsqu’un des partenaires était séropositif(ve) et l’autre séronégatif(ve).
Ceci n'a pas pu confirmer ou dénier la véracité de cette annonce
L’auteur principale de l’étude, Suzanna Attia, a dit à la conférence: “Nous n’avons pas identifié d’études ou de cas spécifiques où la transmission a eu lieu en dessous de 40 copies/ml.” Mais elle a ajouté que l’étude ne pouvait pas dire si l’annonce suisse était exacte ou inexacte.
Un des problèmes a été qu’aucune de ces études n’avait les mêmes critères que ceux utilisés dans l’annonce suisse.
La recherche a trouvé une transmission du VIH lorsqu’une personne qui ne prenait pas de traitement contre le VIH avait une charge virale juste en dessous de 400. Auparavant, une charge virale sanguine de 1500 avait été suggérée comme étant la limite la plus basse pour les risques d’infection.
Les autres nouvelles
Les australiens ont recherché quels hommes gais devraient être visés pour le travail de prévention. Les chercheurs, au cours de la conférence internationale sur le SIDA à Mexico, ont suggéré une variété d’approches pour mieux définir les caractéristiques des hommes gais les plus à risque d’exposition ou de transmission du VIH, qui peuvent être visés dans le travail de prévention du VIH.
Consommation d'alcool et risques de VIH. Les résultats d’une étude sud-africaine présentée mercredi à la conférence internationale sur le SIDA, suggèrent que les personnes dont la consommation d’alcool les expose aux risques d’infections du VIH pourraient bénéficier des interventions de développement des compétences en matière de réduction des risques.
Webcasts de la conférence et commentaires des experts
Regardez les webcasts de la conférence
Reportages en direct sur Internet de la XVIIème conférence internationale sur le SIDA présentés par kaisernetwork.org, un service gratuit d’information et de nouvelles de la Fondation Kaiser Family.
Commentaires des experts sur la conférence SIDA 2008 en podcasts
L’association Clinical Care Options est fière de collaborer avec la Société Internationale du SIDA pour fournir en direct sur Internet la couverture scientifique officielle de la conférence de 2008. Des experts du VIH venant du monde entier offriront leur analyse des nouvelles informations présentées dans les cinq catégories médicales et organiseront la création de présentations téléchargeables. La couverture en ligne comprendra des résumés en vidéo et audio dans lesquels les experts récapituleront les données présentées pendant les séances cliniques clefs, des résumés condensés sur les études les plus importantes et plus encore. Rendez visite au site de Clinical Care Options pour vous inscrire gratuitement et recevoir les nouvelles sur le VIH par email ainsi que les podcasts.
