Conférence internationale sur le sida

Voici le dernier bulletin de Aidsmap en provenance de la Conférence internationale sur le sida 2008.

Que vous ayez participé ou non à la Conférence, nous espérons que vous avez trouvé nos bulletins utiles et informatifs. Nous apprécions sincèrement vos commentaires, c’est pourquoi si vous avez des idées ou des remarques au sujet de notre couverture de l’événement, n’hésitez pas en nous en faire part, à l’adresse info@nam.org.uk.

Beaucoup de délégués à la Conférence nous ont expliqué de quelle façon, de retour chez eux, ils se sont servi de notre bulletin pour faire des présentations à leurs collègues ou à leurs donateurs; et les commentaires récemment formulés par des personnes qui n’ont pas assisté à la Conférence nous permettent de conclure qu’il a été utile et a gardé nos lecteurs informés des nouvelles, au fur et à mesure qu’elles survenaient.

En plus des synthèses périodiques de la Conférence, on trouve sur notre site Web une grande diversité de nouveaux articles tirés de la Conférence, de même que des ressources mises au point spécifiquement pour l'événement et des rapports que nous avons expédiés tout au long de cette rencontre, la dernière semaine

Même si ces missives cessent aujourd’hui, Aidsmap continuera de vous garder informés grâce à ses cyberbulletins hebdomadaires et mensuels, toujours dignes de foi, grâce à ses avis et autres ressources. Si vous souhaitez obtenir gratuitement des synthèses hebdomadaires des principaux développements dans le domaine du traitement et de la recherche sur le VIH, HIV Weekly est là pour vous. Ou si vous travaillez dans un contexte de restriction budgétaire, HIV & AIDS Treatment in Practice vous aidera à relever les défis de la prise en charge du VIH sur le terrain. Vous pouvez aussi visiter notre librairie, pour plus de détails sur nos autres publications.

Grand merci à tous nos partenaires à la traduction, Grupo de Trabajo sobre Tratamientos del VH (gTt), GAT - Grupo Português de Activistas sobre Tratamentos de VIH/SIDA, Sylvie, Christiane, Mary et Stanislav. Travailler ensemble signifie que nous pouvons agir mondialement à élargir l’accès à une information pertinente et à jour sur le VIH, partager notre expertise et vous tenir au courant des plus récentes percées.   

Un nouvel INNTI semble prometteur

Deux nouveaux agents anti-VIH donnent de bons résultats lors d'études cliniques; c'est ce que l'on a appris à la Conférence de Mexico, la semaine dernière. Actuellement appelés RDEA806 et IDX899, les deux médicaments appartiennent à la classe des inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (INNTI) et se révèlent à la fois efficaces contre le VIH et sécuritaires pour les patients. Ces agents en sont aux premiers stades de leur mise au point, et même s’ils continuent de générer de bons résultats dans le cadre des études cliniques, il faudra encore quelques années avant qu’ils n’entrent dans l’arsenal thérapeutique usuel.  

Le RDEA806 a été testé dans le cadre d’une étude de petite envergure d’une durée d’une semaine qui a regroupé 48 personnes qui prenaient des agents anti-VIH pour la première fois. L’objectif principal de l’étude était de déterminer la dose la plus efficace et la plus sécuritaire du médicament. Le RDEA806 a semblé efficace contre le VIH à toutes les doses testées. Il n’a semblé causer aucune réaction indésirable grave. 

L’étude sur l’IDX899 était également de petite envergure et a regroupé 30 personnes à qui on a administré différentes doses du médicament ou un placebo pendant une période de sept jours. On a noté de bonnes diminutions de la charge virale chez les personnes qui recevaient le médicament et leur numération des CD4 a augmenté en moyenne de 65.

Microbiocide d’association

Un gel renfermant les agents anti-VIH FTC (emtricitabine, Emtriva) et ténofovir (Viread) a conféré une excellente protection contre l'infection au VIH lorsqu'il a été utilisé comme microbiocide vaginal chez des guenons. La recherche portait sur un type de VIH conçu pour être infectieux chez le singe.

Les chercheurs ont découvert que ces médicaments passaient dans la circulation sanguine des singes, mais à des degrés insuffisants pour déclencher une résistance à leur endroit en cas d’infection.

Aucune des guenons à qui on a administré les microbiocides renfermant ces médicaments n’a été infectée par le VIH, mais cinq des six guenons qui ont reçu le placebo ont contracté l’infection.

Certains délégués de la Conférence de Mexico se sont demandés si les résultats de l’étude signifiaient que les microbiocides testés chez l’être humain devraient inclure deux agents anti-VIH plutôt qu’un seul.

La circoncision offrirait une protection durable contre le VIH

L’effet protecteur de la circoncision contre le VIH durerait plusieurs années, selon des échos de la Conférence de Mexico.

Des chercheurs du Kenya ont découvert que les hommes continuaient d’être moins susceptibles d’avoir contracté le VIH, 42 mois après leur circoncision, comparativement aux hommes non circoncis qui ont participé à l’étude. Les chercheurs croient que la circoncision réduit le risque d’infection par le VIH dans une proportion de 65 % à 70 %, ce qui est plus qu’on ne l’avait d’abord cru. 

Selon d’autres travaux, la circoncision pourrait réduire le risque d’infection au VPH, le virus responsable des verrues anales et génitales. Dans une étude réalisée en Afrique du Sud, 16 % des hommes ont contracté le VPH après leur circoncision, contre 25 % des hommes non circoncis du groupe témoin.

Transmission sexuelle du VIH et du virus de l’hépatite C

Des chercheurs hollandais ont découvert que beaucoup d'hommes gais VIH-positifs étaient également infectés par le virus de l'hépatite C (VHC). Leur recherche portait sur les patients suivis dans une grande clinique d’ITS d’Amsterdam.

Selon leur recherche, 18 % des hommes gais VIH-positifs étaient également porteurs du VHC. Pour ainsi dire, aucun homme gai VIH-négatif n’était infecté par le virus de l’hépatite C.

Les chercheurs ont en outre observé que le pourcentage d’hommes gais VIH-positifs porteurs du virus de l’hépatite C était en hausse. En effet, en mai 2007, environ 15 % des hommes gais VIH-positifs avaient également contracté le VHC, mais cette proportion était passée à 21 % en date d’avril cette année. Beaucoup semblaient ignorer être porteurs du virus de l’hépatite C.

De nombreuses études ont établi un lien entre la pénétration anale du poing (fisting) et le risque de contracter le VHC chez les hommes gais VIH-positifs.

Certains délégués à la Conférence ont affirmé qu’il fallait faire davantage pour alerter les hommes gais VIH-positifs de certains facteurs de risque à l’égard de la transmission de l’hépatite C. 

La co-infection par le VIH et le VHC pourrait exacerber le risque cardiovasculaire

Les personnes porteuses du VIH et du VHC semblent exposées à un risque plus grand à l'égard de la maladie cardiovasculaire grave, y compris à l'égard de la crise cardiaque et de l'accident vasculaire cérébral, selon des chercheurs américains.

L’étude de ces chercheurs a porté sur plus de 20 000 sujets porteurs du VIH dont le tiers étaient également porteurs du VHC.

Les chercheurs ont découvert que les personnes qui vivent avec le VIH et le VHC présentaient des taux moindres de cholestérol. Malgré cela, elles étaient plus sujettes dans une proportion de 25 %, à des problèmes cardiaques graves ou à l’AVC, comparativement aux personnes infectées par le VIH seulement. 

VIH et hépatite B : L’infection occulte plus fréquente chez les personnes VIH-positives

L'hépatite B occulte, plus susceptible d'affecter les personnes VIH-positives, selon la Conférence de Mexico.

En temps normal, des analyses sanguines permettent de déceler la présence d’anticorps ou d’antigènes (générateurs d’anticorps) fabriqués par l’organisme en réponse à une infection par le virus de l’hépatite B (VHB). Si l’on n’arrive pas à les déceler alors que les épreuves génétiques de dépistage de l’hépatite B sont positifs, on dit que la personne souffre d’une hépatite B « occulte ».

Des chercheurs des États-Unis ont réalisé une étude auprès de femmes porteuses du VIH et de femmes exposées à un risque d’infection au VIH. Ils ont établi un lien solide entre l’hépatite B occulte et la suppression immunitaire liée au VIH. (Les cas d’hépatite C occulte sont rares.) Les chercheurs ont conclu que l’hépatite B occulte était davantage associée à l’infection au VIH et risquait de représenter un problème particulier pour les femmes chez qui la maîtrise du VIH laisse à désirer.

Les facteurs de risque à l’égard de l’hépatite B occulte incluaient une faible numération des CD4 et une forte charge virale, l’emploi de drogues i.v. et la consommation d’alcool en grande quantité.

Webcasts de la conférence et commentaires des experts

Regardez  les webcasts de la conférence

Reportages en direct sur Internet de la XVIIème conférence internationale sur le SIDA présentés par kaisernetwork.org, un service gratuit d’information et de nouvelles de la Fondation Kaiser Family.

Commentaires des experts sur la conférence SIDA 2008 en podcasts

L’association Clinical Care Options est fière de collaborer avec la Société Internationale du SIDA pour fournir en direct sur Internet la couverture scientifique officielle de la conférence de 2008. Des experts du VIH venant du monde entier offriront leur analyse des nouvelles informations présentées dans les cinq catégories médicales et organiseront la création de présentations téléchargeables.  La couverture en ligne comprendra des résumés en vidéo et audio dans lesquels les experts récapituleront les données présentées pendant les séances cliniques clefs, des résumés condensés sur les études les plus importantes et plus encore. Rendez visite au site de Clinical Care Options  pour vous inscrire gratuitement et recevoir les nouvelles sur le VIH par email ainsi que les podcasts.